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Parc Dragon Ball en France : ce qui est signé, et la licence japonaise qui manque

Publié le 28.08.2026·Par Antoine Brault

Französischer Shop für Cosplay und Manga-Merch seit 2023. Wir testen die Kostüme, die wir verkaufen, und schreiben über die Serien, die wir wirklich verfolgen. Über uns.

En bref : Le 24 août 2026, la France et l'Arabie saoudite ont signé un protocole d'accord pour trois parcs à thème à Cergy-Pontoise, dont un consacré à Dragon Ball, porté par Qiddiya Investment Company. Six milliards d'euros, 22 000 emplois annoncés, aucune date d'ouverture. Et un détail que Le Monde a sorti dès le lendemain : les ayants droit japonais de Dragon Ball n'ont pas encore donné leur accord.

Qu'est-ce qui a été signé le 24 août 2026 ?

Un protocole d'accord entre l'État français et Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, pour trois parcs à thème sur le territoire de Cergy-Pontoise, dans le Val-d'Oise. Ce n'est ni un permis de construire, ni un contrat d'exploitation. Le texte a été annoncé par l'Élysée le lundi 24 août 2026, pendant la visite d'État de deux jours du prince héritier Mohammed ben Salmane à Paris.

Emmanuel Macron a résumé l'affaire sur X en quatre phrases : « À Cergy-Pontoise, 3 parcs à thème vont voir le jour. 6 milliards d'euros d'investissements. 22 000 emplois créés. Du jamais vu depuis Disneyland Paris. » La présidence compare volontiers les deux chiffres : Disneyland Paris, ouvert en 1992, fait vivre environ 20 000 emplois directs. Le communiqué parle d'hôtels, de restaurants et d'ouvertures échelonnées, sans calendrier.

Un point que peu de gens ont relevé : le communiqué de l'Élysée ne prononce pas le nom Dragon Ball. Il parle d'un premier parc consacré à « l'univers du manga ». Ce sont les conseillers du président, cités par l'AFP, qui ont raconté l'origine du projet : une discussion entre Emmanuel Macron et le prince héritier « en décembre 2024 à Ryad, lorsqu'ils ont découvert leur passion commune pour les mangas et notamment Dragon Ball Z ». Et c'est Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qui l'a dit en clair sur TikTok : « Non, vous ne rêvez pas, Dragon Ball arrive en Île-de-France ! » Elle précise que la Région travaille sur le dossier depuis dix-huit mois.

Le Shenron de 70 mètres du parc Dragon Ball de Qiddiya, avec les montagnes russes qui traversent le dragon et les sept boules de cristal posées sur le lac

Les visuels qui ont circulé avec l'annonce française sont ceux du parc saoudien de Qiddiya City. Aucun rendu du site de Cergy-Pontoise n'existe à ce jour.

Pourquoi le parc Dragon Ball n'a-t-il pas encore la licence ?

Parce que l'accord signé le 24 août lie la France et Qiddiya, pas les propriétaires de Dragon Ball. Le Monde l'a écrit dès le 25 août : aucune licence d'exploitation de la marque et des personnages n'a été accordée pour le territoire français, et selon des sources proches du dossier, la présence de Son Goku « n'est pas franchement assurée ». Sollicitée, la filiale européenne de Toei Animation n'a pas souhaité commenter, pas plus que Glénat, l'éditeur français du manga.

Ce n'est pas un refus. Personne, côté japonais, n'a dit non. La licence n'est simplement pas signée, et celle que Qiddiya a obtenue pour son parc d'Arabie saoudite, conclue avec Toei Animation en mars 2024, ne s'étend pas automatiquement à un second parc sur un autre continent. Chaque territoire, chaque usage, se négocie à part. Depuis la mort d'Akira Toriyama, le 1er mars 2024, les décisions se prennent à plusieurs, ce qui n'accélère rien.

La réaction la plus commentée est venue du Japon. Kazuhiko Torishima, l'éditeur historique de Toriyama et ancien rédacteur en chef du Weekly Shōnen Jump, a posé la question sur X le 26 août, dans une formule que Livres Hebdo traduit ainsi : « Pourquoi est-ce qu'il n'y a aucun Japonais impliqué dans cette affaire ? » Quand l'homme qui a validé le premier chapitre de Dragon Ball en 1984 s'étonne publiquement, ce n'est pas un détail de communication.

Mon avis de vendeur, à défaut d'être juriste : l'annonce a été faite dans le mauvais ordre. En rendant le projet public avant la signature de la licence, l'Élysée et la Région ont donné aux ayants droit un levier de négociation qu'ils n'avaient pas la veille. Qiddiya a l'habitude de traiter avec Toei, c'est son atout ; mais il faut désormais convaincre chacun des autres détenteurs de droits, et vite, parce que tout le monde regarde.

Qui détient les droits de Dragon Ball ?

Plusieurs sociétés japonaises, chacune sur un pan de l'œuvre, et aucune ne peut signer seule pour les autres. C'est ce qui rend une licence de parc à thème plus lourde à obtenir qu'une licence de t-shirt. Voici qui fait quoi, d'après les crédits imprimés sur les produits Dragon Ball et les précisions données par Livres Hebdo et Toei Animation Europe.

Société Rôle Ce qu'elle contrôle
Bird Studio Société d'Akira Toriyama Les droits d'auteur sur le manga, les personnages et les designs
Shueisha Éditeur du manga au Japon La publication, et la cosignature de la plupart des licences dérivées
Toei Animation Studio de l'anime depuis 1986 L'animation, les films, et les licences issues de l'anime ; partenaire du parc de Qiddiya City
Bandai Namco Jeux vidéo, jouets, cartes Les adaptations vidéoludiques et une large part des produits dérivés
Capsule Corporation Tokyo Fondée en 2023 par Akio Iyoku, ex-Shueisha Le pilotage des nouveaux projets Dragon Ball
Glénat Éditeur français du manga Le manga en France, environ 34 millions d'exemplaires vendus selon Livres Hebdo ; aucun droit sur un parc

Sur les rendus diffusés par Qiddiya pour son parc saoudien, le crédit imprimé en bas à droite tient en une ligne : « ©Bird Studio/Shueisha, Toei Animation ». Ce sont ces trois noms, au minimum, qu'il faudra retrouver sur le premier visuel du parc français pour que l'affaire soit réglée.

À quoi ressemble le parc Dragon Ball de Qiddiya City ?

À un parc de plus de 500 000 mètres carrés, à quarante minutes de Riyad, découpé en sept zones inspirées des sept boules de cristal, avec plus de trente attractions dont cinq de grande ampleur, des hôtels et des restaurants à thème. Qiddiya l'a annoncé le 22 mars 2024, en partenariat avec Toei Animation, comme « le seul parc à thème Dragon Ball au monde ». Un slogan qui vieillit d'un coup.

Le morceau de bravoure est un Shenron de 70 mètres de haut, posé sur un rocher au milieu d'un lac, avec des montagnes russes qui traversent le corps du dragon. Sept dômes orange frappés d'une étoile flottent à ses pieds. Le reste des rendus donne le ton : Kame House sur sa plage, le dôme jaune de la Capsule Corporation, la tour de Karin, l'arène du Tenkaichi Budokai, la tour enneigée de l'Armée du Ruban Rouge, et l'arbre tordu de la planète de Beerus sous un ciel rouge.

Image de la vidéo de présentation du parc Dragon Ball publiée par Qiddiya : le dôme jaune de la Capsule Corporation

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo de présentation du parc publiée par Qiddiya sur sa chaîne YouTube.

La Capsule Corporation est la zone que j'attends le plus, et pas seulement parce que le logo « C » de Bulma est celui de notre porte-clés Capsule Corp (12,99 EUR, 5/5 sur 27 avis). Le dôme jaune, les bâtiments ronds qui l'entourent et le vaisseau garé à côté sont les décors les plus reconnaissables de la série, ceux qu'on peut reproduire à l'échelle sans tricher.

Kame House, la maison rose de Tortue Géniale reconstituée sur une plage du parc Dragon Ball de Qiddiya

La planète de Beerus, le dieu de la destruction, avec son arbre géant et son ciel rouge, zone du parc Dragon Ball de Qiddiya

La planète de Beerus est la zone la plus surprenante des rendus. Le dieu de la destruction de l'univers 7 occupe la troisième place de notre classement des personnages les plus puissants de Dragon Ball, derrière Whis et Zeno, et son arbre-château sous un ciel rouge est le seul décor du parc qui vienne de Dragon Ball Super plutôt que de Dragon Ball Z. Le message de Qiddiya est clair : le parc couvre la saga entière, pas seulement la nostalgie.

L'arène du Tenkaichi Budokai, le tournoi d'arts martiaux de Dragon Ball, reconstituée dans le parc de Qiddiya

La tour enneigée de l'Armée du Ruban Rouge et le Shenron en arrière-plan, zone du parc Dragon Ball de Qiddiya

Où en est le chantier ? Moins loin que les images ne le laissent croire. Falcon's Creative Group, un studio d'Orlando, a été désigné en septembre 2024 pour le plan directeur et la conception des attractions. En juillet 2026, la revue MEED signalait un appel d'offres pour les bâtiments techniques du parc : locaux techniques, ateliers, entrepôts, cuisines centrales, dépôt du monorail et caserne de pompiers, avec remise des offres le 13 septembre 2026. Aucune date d'ouverture n'a été communiquée. À côté, Qiddiya a bien livré Six Flags Qiddiya City le 31 décembre 2025, avec ses 28 attractions et Falcon's Flight, des montagnes russes lancées à 250 km/h. Le groupe sait construire ; il ne va pas vite sur Dragon Ball.

Où en est le site de Mirapolis à Courdimanche ?

En friche depuis plus de trente ans. Le site cité par toute la presse régionale, mais pas encore confirmé par Qiddiya, est celui de l'ancien parc Mirapolis, à Courdimanche, dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Cinquante-cinq hectares, dont trente-cinq pour le parc lui-même et vingt de parkings.

L'entrée de l'ancien parc Mirapolis à Courdimanche (Val-d'Oise) photographiée en mars 2025, le site pressenti pour le parc Dragon Ball en France

Mirapolis a ouvert le 20 mai 1987 sur le thème des contes et de la littérature française, dominé par un Gargantua de béton visible depuis l'autoroute. La première saison a attiré 600 000 visiteurs pour deux millions espérés. Le parc a fermé le 20 octobre 1991 après cinq saisons et plus de 700 millions de francs investis, a été démoli en 1993, et le Gargantua a été dynamité le 1er septembre 1995. Il reste l'ancien bâtiment d'entrée, tagué, et un terrain que personne n'a réussi à remplir depuis. C'est le premier grand parc à thème de la région parisienne, ouvert cinq ans avant Disneyland Paris, et le premier à avoir fermé.

Quand ouvrira le parc Dragon Ball en France ?

Aucune date n'a été donnée, ni par l'Élysée, ni par Qiddiya. L'horizon 2032 a circulé sur TF1, et un spécialiste des parcs interrogé par franceinfo estime qu'un chantier de cette taille demande cinq à six ans de construction, ce qui ramènerait à 2030 ou 2031 dans le meilleur des cas. Avant le premier coup de pelle, il faut la licence, les études, les enquêtes publiques et les permis. Le parc saoudien, annoncé en mars 2024, en est encore aux appels d'offres de ses bâtiments techniques deux ans et demi plus tard : c'est le seul étalon fiable dont on dispose.

Élément Statut au 28 août 2026 Source
Protocole d'accord France / Qiddiya Signé le 24 août 2026 Élysée
Trois parcs, 6 milliards d'euros, 22 000 emplois Annoncés, sans répartition entre les parcs Élysée, AFP
Premier parc consacré au manga Confirmé par l'Élysée Communiqué du 24 août
Thème Dragon Ball Affirmé par la Région, jamais écrit par l'Élysée Valérie Pécresse, conseillers cités par l'AFP
Licence des ayants droit japonais Non obtenue Le Monde, 25 août
Site de l'ancien Mirapolis Pressenti, non confirmé par Qiddiya Presse régionale
Date d'ouverture Aucune ; 2032 évoqué par TF1 Sortiraparis, franceinfo
Thèmes des deux autres parcs Inconnus Élysée

Pourquoi un parc Dragon Ball en France, et pas au Japon ?

Parce que la France est le deuxième marché du manga au monde, le premier hors du Japon, et que Dragon Ball y est installé depuis la diffusion du Club Dorothée en 1988. Glénat a écoulé environ 34 millions d'exemplaires du manga dans le pays. Le Japon, lui, n'a jamais eu de parc Dragon Ball permanent : des attractions temporaires, comme Dragon Ball Z: The Real 4-D à Universal Studios Japan en 2016 et 2017, mais rien qui reste. C'est précisément ce que Torishima pointe : le premier parc a été confié à Riyad, le second à Paris, et Tokyo regarde.

Paris a déjà montré ce qu'une licence manga bien exploitée déclenche. Quand One Piece est entré au musée Grévin en juin 2026, la carte Luffy offerte aux visiteurs a saturé le musée en un week-end et s'est retrouvée à plusieurs centaines d'euros sur Cardmarket. Un parc Dragon Ball à trente kilomètres de la capitale jouerait dans une autre catégorie, à condition d'exister.

En attendant 2030 et quelques, Goku s'installe plus vite sur une étagère que dans le Val-d'Oise. La boîte lumineuse Goku Ultra Instinct (39,99 EUR, 4,7/5 sur 26 avis) et le reste de notre rayon Dragon Ball partent depuis la boutique, sans protocole d'accord ni enquête publique. Je mettrai cet article à jour à chaque étape réelle : signature de la licence, dépôt de permis, premier rendu du site français.

Questions fréquentes sur le parc Dragon Ball en France

Le parc Dragon Ball en France est-il confirmé ?
En partie. Le protocole d'accord entre la France et Qiddiya Investment Company pour trois parcs à Cergy-Pontoise est signé depuis le 24 août 2026. Le thème Dragon Ball, lui, n'est confirmé que par la Région Île-de-France et les conseillers de l'Élysée : la licence des ayants droit japonais n'a pas été accordée à la date du 28 août 2026, selon Le Monde.

Où sera situé le parc Dragon Ball près de Paris ?
Sur le territoire de Cergy-Pontoise, dans le Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Le site pressenti est celui de l'ancien parc Mirapolis, à Courdimanche, 55 hectares en friche depuis la fermeture du parc en 1991. Qiddiya n'a pas encore confirmé l'emplacement exact.

Quand ouvrira le parc Dragon Ball de Cergy-Pontoise ?
Aucune date n'a été annoncée. L'horizon 2032 a été évoqué sur TF1, et un spécialiste interrogé par franceinfo compte cinq à six ans de chantier une fois les autorisations obtenues. Le parc saoudien de Qiddiya City, annoncé en mars 2024, n'a lui non plus aucune date d'ouverture.

Qui finance le parc Dragon Ball en France ?
Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, qui développe déjà Six Flags Qiddiya City et le parc Dragon Ball de Riyad. L'enveloppe annoncée est de six milliards d'euros pour l'ensemble du projet : trois parcs, hôtels et restaurants. Aucune répartition par parc n'a été publiée.

Existe-t-il déjà un parc Dragon Ball dans le monde ?
Pas encore en activité. Le premier, à Qiddiya City en Arabie saoudite, a été annoncé le 22 mars 2024 par Qiddiya et Toei Animation : plus de 500 000 mètres carrés, sept zones, plus de trente attractions et un Shenron de 70 mètres traversé par des montagnes russes. En août 2026, il en est au stade des appels d'offres pour ses bâtiments techniques.

Images : ©Bird Studio/Shueisha, Toei Animation ; rendus diffusés par Qiddiya Investment Company pour le parc de Qiddiya City. Photo de l'entrée de Mirapolis : VVVCFFrance, CC0, Wikimedia Commons.

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